De boxeur à député

Par L. Nadine De Lisle

La boxe et les Jeux du Canada ont changé sa vie, dit le député Dan Vandal

Dans le salon d’une maison de Saint-Boniface qu’il partageait avec sept frères et sœurs, le jeune Danny est assis les yeux fixés sur l’écran. C’est samedi après-midi, et le samedi après0midi dans la famille Vandal métisse et francophone, c’est le World of Sports à la télévision.

À la lumière vacillante de l’émission en noir et blanc sont diffusés les matches opposant certains des plus grands de l’époque : Joe Frazier et Muhammad Ali. Le jeune garçon timide est assis avec ses frères; ses frères sont plus âgés, plus gros et plus durs que lui. Ses frères se battent, mais n’utilisent pas leur énergie pour le sport de la boxe. Danny, cependant, les yeux rivés sur la télévision, rêve d’une vie comme boxeur. À l’adolescence, Dan Vandal est membre de l’équipe de boxe des Jeux d’hiver du Canada. Ce n’est que le début d’une aventure beaucoup plus grande.

Dan Vandal, né en 1960, avait décidé de trouver sa voie dans la vie par le sport et est devenu membre du Club de boxe panaméricain de Winnipeg à 15 ans. Au gymnase, il apprend à enrouler le ruban, deux pouces, neuf verges, autour de ses mains avant de mettre ses gants. L’entraînement est intense et ciblé, et l’équipe d’entraînement compte parmi ses membres Eddie Yaremchuk. Ce sera l’une des toutes premières étapes de Dan Vandal vers sa nouvelle vie.

« À 15 ans, je n’avais pas confiance en moi, je pensais que je n’avais pas de place dans le monde, dit M. Vandal. Le sport m’a encouragé et m’a donné la confiance qu’il me fallait pour aborder le monde, de défendre mes intérêts et ceux des communautés. »

Cette confiance a également donné à M. Vandal le courage de poursuivre ses rêves et quelques années plus tard, il était membre de l’équipe de boxe des Jeux d’hiver du Canada de 1979. De faire partie des Jeux à Brandon cette année-là a été une expérience mémorable pour lui.

« Une partie de mon expérience très positive dans le sport est une équipe tricotée serrée qui fait que nous sommes encore des amis aujourd’hui, dit-il. L’un des avantages les plus durables des Jeux du Canada – et du sport en général – est la création des liens que vous créez pour la vie avec des gens. »

En 1983, M. Vandal, alors surnommé « Danny, The Kid », était le premier des poids moyens au Canada. Plus tard, il est retourné aux études et est devenu un travailleur social, puis un politicien, un conseiller municipal de Winnipeg de longue date. En 2015, il est devenu député de la circonscription de Saint-Boniface-Saint-Vital. Il attribue à la boxe les outils qui lui ont permis de devenir ce qu’il est maintenant.

« Les sports permettent aux jeunes de se fixer un objectif, de l’atteindre pour gagner, dit M. Vandal. Le sport m’a enseigné à me concentrer et m’a donné confiance en moi. »

La boxe est un sport violent, reconnaît-il, mais il ajoute que d’autres sports peuvent aussi être violents et dangereux.

« Il est important de s’entourer des bonnes personnes, des entraîneurs et des gérants qui pensent aux athlètes et qui prennent soin d’eux. »

L’année 2017 est une année importante pour les Jeux, car elle coïncide avec le 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

« Le fait que nous célébrerons également le 150e du Canada est très important et symbolique, dit M. Vandal. Que nous soyons des Maritimes, du Québec, de la Colombie-Britannique ou des Prairies, nous serons unis dans le sport. C’est une occasion noble et porteuse de sens. »

Quels conseils M. Vandal donne-t-il aux athlètes qui participeront aux Jeux d’été du Canada de 2017 au Manitoba?

« Réfléchissez à l’importance de participer, de montrer vos talents à toute la population canadienne. Vous vous ferez des amis, des camarades pour une vie, des avantages qui dureront longtemps après la fin des Jeux du Canada. Ces paroles valent pour les Jeux du Canada et le sport en général. Les Jeux peuvent définir une vie. »

L’ancien participant aux Jeux du Canada et boxeur professionnel, maintenant député à la Chambre des communes Dan Vandal participera-t-il aux Jeux d’été du Canada de 2017?

« Certainement. »