Les Jeux du Canada souligne des jeunes leaders Autochtones

 

Contenu de turtlelodge.org

En qualité d’aînés autochtones et de gardiens du savoir du Turtle Lodge, nous avons été invités par la Société hôtesse des Jeux du Canada à présenter un point de vue autochtone sur le 50e anniversaire des Jeux du Canada. Nous sommes conscients du rôle de premier plan joué par la Société hôtesse en ce qui a trait au respect des protocoles territorial et culturel pour la tenue d’un événement sur notre territoire. Les Jeux du Canada nous fournissent l’occasion de nous faire connaître comme peuple et de laisser un legs en matière de leadership et d’enseignements autochtones afin de montrer l’exemple pour l’avenir.

Nous sommes ravis d’apporter notre contribution autochtone, qui saura gagner le cœur et l’esprit de tous les jeunes qui participeront aux Jeux du Canada!

En tant qu’Autochtones, nous souhaitons laisser en héritage les valeurs sacrées et les liens réels avec la Terre que nous vivons ici même, sur notre territoire. Nous croyons que ces valeurs, qui nous enseignent à nous comporter les uns envers les autres et envers la Terre, contribueront à l’épanouissement à long terme des jeunes partout dans ce pays!

Nous allumerons le Feu sacré au site sacré de Manitou Api le 21 juin prochain, et des jeunes de nos communautés et territoires locaux courront avec le Flambeau, porteront l’Eau et chanteront nos chants sacrés au son du Tambour.

Nous sommes fiers de vous présenter les jeunes Autochtones qui ont été choisis comme porteurs de Flambeau, porteuses d’Eau et chanteurs au son du Tambour sacré de nos nations, qui participeront aux cérémonies d’allumage du Feu sacré et de l’Eau du 21 juin, ainsi qu’à la cérémonie d’ouverture des Jeux du Canada au Centre MTS de Winnipeg le 28 juillet 2017!

Les porteurs de flambeau

Âgé de 17 ans, Alexander Fontaine est membre cri et ojibway de la nation crie de Norway House. Descendant direct de signataires de deux traités, il est l’arrière‑petit‑fils de la première femme élue à un conseil des Premières Nations au Canada en 1952. Artiste spécialisé en techniques mixtes, il est aussi un athlète adepte de hockey et de crosse et a représenté le Manitoba à la crosse en enclos aux Jeux autochtones de l'Amérique du Nord de 2014 et 2017.

Phelan Leask

Anishinabe du territoire visé par le Traité no 1, Phelan Leask est membre de la Première Nation Sagkeeng. Il fréquente la Sagkeeng High School et est un athlète accompli.

Matthew Shorting

Anishinabe du territoire visé par le Traité no 1, Matthew Brian Shorting est un conférencier public local qui privilégie une approche fondée sur le concept de communauté holistique pour le traitement de la toxicomanie et des événements traumatisants. Diplômé du programme Urban Circle (Red River College) en 2014. Matthew travaille comme intervenant en justice communautaire à Onashowewin, un organisme qui met en pratique la justice réparatrice. Il travaille aussi comme intervenant en soutien familial et est bénévole à l’Aboriginal Youth Opportunities (AYO), un organisme qui défend les droits des jeunes des Premières Nations. Père d’une fille de près de 9 ans, Matthew pratique la danse du Soleil depuis 2 ans.

Thunder Voice (David Dawson Courchene IV)

David « Thunder Voice » Dawson Courchene IV appartient au clan de l’Aigle de la nation Anishinabe et est membre de Biigtigong Nishaaabeg. Il est le petit‑fils de David Courchene Jr, chef spirituel de Sagkeeng, au Manitoba, et l’un des coureurs de tête des Jeux panaméricains de 1967. Très jeune, David a pris goût à un certain nombre de sports différents. Même si le hockey demeure son sport favori, il a fait partie des équipes de soccer, de volleyball, de basketball et de badminton de son école secondaire et a récemment terminé une excursion en canoé suivant un parcours autrefois emprunté par ses ancêtres.

David adore les animaux et s’intéresse tout particulièrement au caractère sacré des grenouilles et serpents et à leur importance pour notre propre existence. Il espère travailler dans ce domaine quand il sera plus grand.

Les porteuses d’Eau

Shanelle Maytwayashing

Âgée de 16 ans, Shanelle Maytwayashing est née à Winnipeg, au Manitoba, et fait partie de la Première Nation du lac Manitoba. Elle demeure à Winnipeg avec ses parents et ses deux jeunes sœurs. Shanelle fréquente actuellement l’University of Winnipeg Collegiate et fait partie de l’équipe de basketball Wesmen Junior Varsity Girls. Shanelle et son équipe ont participé aux championnats provinciaux de basketball du Manitoba durant 2 années consécutives.

Shanelle a manifesté son vif désir de participer à des rassemblements et cérémonies traditionnels. Au cours des 7 dernières années, elle a assisté aux enseignements des rites de passage « Coming of Age » transmis chaque année par les Grands‑Mères au Turtle Lodge de la Première Nation Sagkeeng. Elle a aussi participé au Anishinabe Pride Program et fait partie de l’équipe féminine de basketball Anishinabe Pride. En plus de ses matchs de basketball, de ses séances d’entraînement hebdomadaires et de ses cours en vue de l’obtention de diplôme d’études secondaires, elle a participé aux séances Sacred Seven présentées en classe par des aînés et des conseillers spirituels et a pris part aux cérémonies de la hutte de sudation et autres cérémonies traditionnelles. Shanelle est bénévole au Sacred Seven Basket Ball Youth Camp et, durant l’été, elle travaille comme monitrice de camp pour enfants. Son objectif est de terminer son secondaire pour entreprendre des études de droit à l’université et devenir avocate.

Fallon Ducharme

Originaire de Kakawekijiong (Première Nation Ebb and Flow), Fallon Ducharme a pour nom spirituel Saabii Oganonaan. Elle appartient au clan Bizhiw. Depuis sa tendre enfance, Fallon participe activement aux traditions ojibwées et métisses. En septembre 2015, elle est revenue à Winnipeg pour y poursuivre ses études à la faculté d’éducation de l’Université de Winnipeg. Elle rêve de devenir enseignante ou conseillère en savoir autochtone. Les pow-wow contribuent beaucoup à l’identité de Fallon; sous l’influence de sa kookoo (grand‑mère), elle a commencé la danse à l’âge de 3 ans. Le cercle du pow‑wow lui a enseigné la gentillesse, l’amour et le respect et lui a fait découvrir un sentiment de bonheur, de force et de liberté.

Avant de revenir à Kakakwekijiong, Fallon a vécu dans la partie ouest de Winnipeg, où elle a été beaucoup influencée par ses enseignants Ray et Rhonda Stevenson, dont elle avait fréquenté le club de pow‑wow dans son enfance. Fallon leur a fait la promesse qu’un jour, lorsqu’elle reviendrait à Winnipeg, elle viendrait à leur club pour leur redonner en retour, à eux et à la communauté, tout ce qu’ils lui avaient eux‑mêmes donné. Fallon a respecté sa promesse et a commencé à fréquenter leur club de pow‑wow à l’Université de Winnipeg. Un an plus tard, on lui a demandé de fonder un club de pow‑wow à l’Université du Manitoba. Peu après, on lui demandait de créer un autre club à la Wellington School. Dans ces deux clubs, Fallon enseigne à des femmes de tout âge la danse de la robe à franges ainsi que l’histoire de cette danse et les chants qui l’accompagnent. Elle leur enseigne aussi à ressentir durant la danse ce qu’elle‑même ressent en l’exécutant.

Fidèle aux traditions métisses, Fallon a commencé la danse de la robe à franges à l’âge de 10 ans et a intégré la troupe de danse carrée Eldon’s Steppers. La troupe a parcouru tout le Manitoba et s’est rendue jusqu’en Saskatchewan pour danser devant de nombreux publics. Ensemble, les membres de la troupe s’efforçaient de faire naître un sourire sur le visage de leur public. L’expérience lui a permis d’acquérir des qualités de chef, des aptitudes sociales et la confiance en soi. Fallon croit que si elle a pu en arriver là où elle est dans sa vie c’est en partie grâce au soutien constant de sa famille, mais aussi grâce au soutien de tous ceux et celles mentionnés ici.

« Les jeunes d’aujourd’hui ont besoin de plus de modèles de rôle pour garder une attitude positive sur les plans physique, mental et spirituel. Le bon mode de vie, ou voie rouge, est accessible à tous et à toutes en tout temps. » – Fallon Ducharme

Pauline Guimond

Pauline Guimond est originaire de la nation Anishinabe du territoire visé par le Traité no 1 et fait partie de la Première Nation Sagkeeng. Âgée de 19 ans, elle aime l’activité et le sport. Elle a une sœur jumelle.

Erica Daniels

Erica Daniels est une jeune cinéaste et une entrepreneure de la Première Nation de Peguis spécialisée en production vidéo, en photographie et en conception graphique. Elle demeure à Winnipeg, au Manitoba. Elle livre un message d’espoir afin d’encourager les jeunes Autochtones à réaliser pleinement leur potentiel et à suivre leurs rêves.

Erica se passionne pour le travail auprès des jeunes de sa communauté, à qui elle s’efforce de faire prendre conscience de leur identité en tant que membres des Premières Nations de leur propre territoire. Elle a retrouvé sa culture et son identité en 2011 alors qu’elle participait à sa toute première cérémonie au Turtle Lodge de la Première Nation Sagkeeng et elle n’a pas cessé depuis d’apprendre auprès d’aînés autochtones. Elle dirige actuellement un programme culturel au Broadway Neighbourhood Centre et guide des jeunes qui s’intéressent à la production vidéo et à la conception graphique dans le cadre du programme Just TV.

Erica a récemment terminé son premier documentaire intitulé Mikinakay – Trail of the Turtle, qui suit deux jeunes Autochtones dans leur cheminement pour guérir des conséquences de traumatismes intergénérationnels. Ce documentaire a été mis en nomination pour le Golden Sheaf Award du meilleur documentaire de la catégorie Arts et culture du Yorkton Film Festival. Erica travaille actuellement à la réalisation de son deuxième court documentaire intitulé Run As One – The Journey of the Frontrunners, l’histoire de 10 hommes autochtones qui ont porté le flambeau aux Jeux panaméricains de 1967. En plus de son travail de pigiste, Erica fait partie de l’équipe Unreserved de la CBC, qui vient de recevoir le prix de la meilleure station de radio à l’occasion de l’édition 2017 de l’Indigenous Music Awards.

Le groupe de tambour Red Shadow Singers

Les Red Shadow Singers sont le principal groupe de tambour du Turtle Lodge. Ses membres, originaires de diverses Premières Nations du Canada, représentent le Turtle Lodge lorsqu’ils exécutent les chants sacrés révélés à l’occasion de cérémonies, prières ou jeûnes organisés au Turtle Lodge.

Ils sont souvent invités à chanter les chants sacrés et ont été mis en nomination dans le cadre de remises de prix de musique dans la catégorie traditionnelle tant aux États‑Unis qu’au Canada.

Pour les Premiers Peuples, le tambour est le battement du cœur de la Terre mère et il transporte leur voix.

Les Red Shadow Singers demandent que leurs chants, révélés à l’intérieur de cérémonies, soient utilisés à des fins spirituelles pour la guérison ou la prière.