Aux Jeux du Canada, un athlète est un athlète, point

mercredi, 27th February 2019

Teddy Katz

C’est ce samedi 2 mars à Red Deer qu’aura lieu la cérémonie de clôture de l’événement sportif qui, selon certains, est le plus inclusif au monde.

Au cours des deux dernières semaines, les Jeux du Canada ont réuni 3 600 athlètes, gérants et entraîneurs participant à 19 sports, en plus de proposer un important festival artistique et culturel.

Journaliste sportif pendant 20 ans pour CBC, j’ai pu observer le rôle des Jeux, depuis leur création en 1967, dans le développement de plusieurs athlètes d’élite du pays.

Sidney Crosby, Hayley Wickenheiser, Eugenie Bouchard, Steve Nash, la sensation du basketball en fauteuil roulant Patrick Anderson et le paralympien Brian McKeever, Canadien le plus médaillé des Jeux d’hiver, ne sont que quelques-uns des anciens devenus célèbres.

Mais ce que je n’avais pas réalisé avant de me joindre récemment au conseil et d’apprendre à mieux connaître l’organisation, c’est que la réputation des Jeux du Canada ne tient plus seulement aux étoiles qui y passent.
 
À partir de 1995 y ont été intégrées des épreuves parasportives réunissant les meilleurs athlètes ayant un handicap physique.

Puis en 2003, des Olympiques spéciaux pour la crème des athlètes atteints d’une déficience intellectuelle y ont fait leur apparition.

Dave Patterson, président-directeur général du Conseil des Jeux du Canada, estime que l’organisation a ainsi relevé les attentes en matière d’inclusion : 

« À notre connaissance, il s'agit des seuls jeux au monde qui réunissent des athlètes paralympiques, des athlètes physiquement aptes et des athlètes olympiques spéciaux au sein d'une même équipe. Nous croyons que c’est unique et uniquement canadien. » 

D’ailleurs, des derniers Jeux d’été du Canada, présentés à Winnipeg en 2017, Patterson garde un souvenir particulièrement vif d’un moment mettant en scène des athlètes Olympiques spéciaux :

« Ils recevaient leurs médailles sur le podium. Dans les estrades, leurs parents étaient si émotifs. Mais le plus merveilleux, c’était de voir la réaction des para-athlètes ou des athlètes sans handicap. Ils n’applaudissaient pas des sources d’inspiration, mais des coéquipiers. »

Patterson, qui a consacré sa carrière à diriger divers organismes sportifs amateurs du pays, était ému :

« Les moments du genre vous font voir comment les choses devraient toujours se dérouler. Nous devrions en vivre au quotidien dans nos écoles, nos lieux de travail. »

Patterson ajoute que les spectateurs sont souvent surpris de constater à quel point les Jeux du Canada sont inclusifs.

Plusieurs sont renversés par les habiletés des athlètes Olympiques spéciaux et des para-athlètes, qu’ils voient parfois à l’œuvre pour la première fois.

Lors des Jeux paralympiques 2018 à Pyeongchang, on comptait 17 anciens des Jeux du Canada, dont Liam Hickey, joueur de parahockey sur glace (anciennement le hockey sur luge).

Hickey est l’un des rares athlètes à pratiquer deux sports, lui qui a fait partie de l’équipe canadienne de basketball en fauteuil roulant après avoir représenté l’Île-du-Prince-Édouard dans cette discipline lors des Jeux du Canada 2015, à Prince George.  

Il n’a d’ailleurs pas oublié le plaisir de jouer devant des centaines de partisans qui vivaient un moment unique.

Lors de ces Jeux, le basketball en fauteuil roulant avait en effet poussé encore plus loin le concept d’inclusion en mêlant athlètes sans handicap et para-athlètes.

 « Ça se voit depuis, observe Hickey. Mais ça reste particulier, puisque ce genre de rencontre n’arrive pas autrement. »

Selon Dave Patterson, tous les deux ans, les Jeux permettent au Canada de se montrer sous son plus beau jour :

« Les catégories arbitraires sont abolies. Finis, les Jeux distincts. Aux Jeux du Canada, un athlète est un athlète, point. »