Le badminton soude des athlètes du Nunavut

vendredi, 1st March 2019

Chris Welner
HipCheck Media

Ils viennent de la glace et du froid, alors évidemment, quand sonne l’heure du sport, les athlètes du Nunavut... rentrent pour jouer au badminton.

L’équipe de badminton du territoire regroupe neuf membres provenant de communautés que séparent des milliers de kilomètres. Et les voici maintenant à 10 000 kilomètres de la maison, réunis à Red Deer à l’occasion des Jeux du Canada

Derrick Akeeagok, 16 ans, est natif de Grise Fiord. Situé à la pointe sud de l’île d’Ellesmere, ce hameau, le plus septentrional du pays, compte 140 habitants. Les gens possèdent voitures ou camions, mais les routes sont rares. Quant à Davidee Kudluarok, âgé de 15 ans et partenaire en double d’Akeeagok, il vit à 2 000 km au sud, à Sanikiluaq, au cœur de la baie d’Hudson. Ce hameau de moins de 900 personnes est le plus méridional du Nunavut. Bien que la distance leur laisse peu d’occasions de s’entraîner ensemble, Derrick et Davidee ont remporté l’or l’an dernier aux Jeux d’hiver de l'Arctique, et ont pu se retrouver en vue des présents Jeux le temps d’un camp préparatoire de neuf jours à Vancouver. 

« Je me rends à Iqaluit deux ou trois fois par année pour jouer avec les gars de là-bas, raconte Akeeagok. Mais c’est plus difficile dans le cas des coéquipiers de Sanikiluaq, comme Davidee. »

Alors comment résumer le parcours ayant mené aux Jeux du Canada? Entraînement, entraînement, entraînement, et un itinéraire de vol qu’a retracé pour nous Akeeagok : de Grise Fiord à Resolute; de Resolute à Arctic Bay; d’Arctic Bay à Pond Inlet; de Pond Inlet à Iqaluit; d’Iqaluit à Ottawa; d’Ottawa à Vancouver; de Vancouver à Calgary et enfin, un bus jusqu’à Red Deer. Ce sont plus de 10 000 kilomètres passés dans les airs.

Même sans les ressources et le niveau de compétition que leur offriraient de plus grands centres, les joueurs de badminton du Nunavut comptent bien être dans le coup lors de ce séjour en Alberta. 

« Je garderai de magnifiques souvenirs de ces Jeux, parce que je m’amuse tellement avec mes coéquipiers, souligne Akeeagok. On blague, on se taquine, et l’expérience resserre nos liens. » 

Shawna Kyak fait elle aussi partie de l’équipe de badminton, en plus de jouer au soccer et au volleyball. L’athlète de 18 ans raconte :

« J’ai adoré rencontrer des gens et échanger des épinglettes, dit-elle. Je suis passionnée de badminton et j’espère que mes premiers Jeux du Canada ne seront pas les derniers. »  

Gary Wong, d’Équipe Nunavut, juge de son côté que si le sport a toujours été important pour les gens du Nord, les possibilités de le pratiquer restent limitées en raison du manque d’installations, des distances à parcourir et du défi de trouver des personnes prêtes à gérer les programmes : « Nous aimons le sport. Parfois, tout ce qu’il faut, c’est quelqu’un qui a la clé du gymnase. »