Le Programme des apprentis entraîneurs autochtones développe des entraîneurs de niveau élite

mardi, 14th March 2017

Depuis 1967, les Jeux du Canada servent de tremplin aux meilleurs athlètes au pays. En 2005, le Conseil des Jeux du Canada (CJC) a vu la possibilité non seulement d’appuyer le développement des athlètes, mais également celui des entraîneurs. À l’origine, le Programme des apprentis entraîneurs avait pour but de donner aux femmes davantage d’occasions d’entraîner des athlètes d’élite ou de niveau professionnel. On a ensuite voulu l’étendre aux entraîneurs autochtones et c’est ainsi qu’en 2009 le Programme des apprentis entraîneurs autochtones (PAEA) a vu le jour.

Le PAEA permet aux apprentis de vivre l’expérience d’une compétition multisports d’élite. C’est l’occasion pour eux de découvrir les exigences du métier à ce niveau et de côtoyer les meilleurs entraîneurs au pays. Des occasions de perfectionnement professionnel et d’apprentissage sont offertes aux apprentis entraîneurs autochtones afin de les préparer à entraîner des athlètes de haut niveau et leur permettre d’atteindre un niveau supérieur dans le cadre du Programme national de certification des entraîneurs (PNCE), soit au minimum Compétition – Développement, statut « Formé ». Ainsi, l’expérience leur donne les ressources nécessaires pour réaliser leur rêver d’être entraîneur-chef aux Jeux du Canada ou à n’importe quel tournoi provincial, national ou international.

Le PAEA permet à chaque province et territoire d’envoyer deux entraîneurs d’origine autochtone aux Jeux du Canada à titre d’apprenti entraîneur. Il est le fruit d’un partenariat entre le Cercle sportif autochtone (CSA), les organismes provinciaux et territoriaux de sport autochtone, les représentants provinciaux et territoriaux de la formation des entraîneurs (RPTFE), le Conseil des Jeux du Canada et l’Association canadienne des entraîneurs (ACE).

Lors des Jeux d’été du Canada 2013 à Sherbrooke, 12 apprentis entraîneurs autochtones ont eu la chance de vivre l’expérience des Jeux du Canada. Brian Bennett, de Stoneville (T.-N.-L.), fut l’un d’eux. Brian a joué aux niveaux secondaire, universitaire et dans des clubs pendant 21 ans, depuis la 8e année. C’est toutefois en 12e année, il y a 17 ans, qu’il s’est découvert une passion pour le métier d’entraîneur.

« J’ai commencé par entraîner l’équipe féminine junior de volleyball de notre école secondaire, puis je suis passé au niveau provincial comme entraîneur adjoint. Ensuite, je suis devenu entraîneur-chef au même niveau, raconte Brian. Plus tard, j’ai été l’adjoint de Luke Harris à la Memorial University, puis apprenti entraîneur de l’équipe masculine de volleyball de Terre-Neuve aux Jeux d’été du Canada 2013. »

Brian habite actuellement à Seal Cove (T.-N.-L.), où il entraîne des équipes d’écoles secondaires et de clubs, en plus d’être l’entraîneur-chef de l’équipe masculine de volleyball pour les Jeux d’été du Canada – Winnipeg 2017.

« Je crois sincèrement que le volleyball est le sport d’équipe par excellence. Le talent individuel est un atout indéniable, comme dans n’importe quel sport, mais je ne crois pas qu’il soit aussi essentiel au volleyball, en raison du nombre de contacts et de la rapidité du jeu. Au volleyball, chaque action dépend à 100 p. cent de l’apport de ses coéquipiers. La chimie et la cohésion sont beaucoup plus importantes et c’est l’aspect qui me plaît le plus dans ce sport, suivi de près par la nature explosive et dynamique des échanges », explique Brian.

Les sports occupent une grande place dans la vie de Brian. Non seulement il a joué au volleyball, mais il a aussi pratiqué d’autres sports comme le basketball, le soccer, le football, le hockey-balle, le badminton, le tennis et l’ultimate frisbee, l’athlétisme et le cross-country. Il a essayé d’être entraîneur au basketball, mais le volleyball et ses activités non sportives le tenaient trop occupé.

Brian a fait un choix judicieux en optant pour le volleyball, car ce changement l’a orienté dans la bonne direction. À l’école secondaire, alors qu’il faisait partie de l’équipe senior de volleyball à Brampton (Ontario), il a bien failli prendre de mauvaises décisions et emprunter une mauvaise voie.

« Mon entraîneur à l’époque, Diana Frehs, l’a bien senti. Elle s’est assurée de me tenir constamment occupé et m’a demandé de l’aider à entraîner l’équipe féminine junior de volleyball à notre école. C’est à ce moment-là que j’ai découvert que j’éprouvais énormément de satisfaction à aider les gens à s’améliorer et que je voulais donner la chance aux autres de s’épanouir, comme Mme Frehs l’avait fait pour moi. Aujourd’hui encore, j’essaie d’inculquer la force de caractère et la prise de décisions autant que les techniques de volleyball et je le dois à Mme Frehs », dit Brian.

Avant les Jeux de Sherbrooke en 2013, l’entraîneur-chef de l’équipe masculine de volleyball de Terre-Neuve-et-Labrador aux Jeux du Canada, Luke Harris, a invité Brian à participer au programme des apprentis. Brian est convaincu que sans l’offre de M. Harris, il n’aurait jamais entendu parler du programme et aurait raté cette formidable occasion. Il n’occuperait pas non plus son poste actuel d’entraîneur-chef de l’équipe masculine de volleyball de Terre-Neuve pour les Jeux du Canada 2017.

Les Jeux ont plongé Brian, pour la première fois, au cœur d’une compétition multisports et lui ont permis de côtoyer des entraîneurs de niveau élite. Le degré de concentration qu’exige une telle compétition est intense et permanent. Les entraîneurs déploient tout leur savoir-faire dans la planification des matchs, la préparation vidéo, la nutrition, les bonnes habitudes de sommeil, le repos et la récupération pour préparer leurs athlètes et maximiser le succès de l’équipe. Les occasions d’apprentissage ont été innombrables pour Brian et les autres apprentis entraîneurs. La principale leçon qu’il a retenue des Jeux du Canada est l’importance d’être polyvalent. Les entraîneurs et les athlètes doivent s’adapter aux différents styles de jeu des équipes qu’ils affrontent. Au volleyball, une attaque redoutable et une défensive étanche sont des atouts précieux, car les athlètes savent exploiter les failles de l’adversaire et s’ajuster lorsque les rôles sont inversés.

« Il est important d’avoir un système de base et d’appliquer certains principes, précise Brian, mais il faut que ces systèmes soient suffisamment souples pour permettre des ajustements. Et les athlètes doivent être capables d’appliquer ces ajustements. »

Brian encourage tous les aspirants entraîneurs à s’inscrire au programme d’apprentis et à saisir cette occasion d’entraîner des athlètes dans le cadre d’une compétition multisports d’envergure. À ses yeux, la fierté ressentie lorsqu’on représente sa province lors d’un événement de cette ampleur est indescriptible et il s’imagine que c’est encore plus saisissant lorsqu’on représente son pays.

Brian s’inspire de deux modèles à qui il voue un profond respect : son enseignant, Deon Goulding, et son père, Hayward Bennett. Ces deux personnes ont favorisé l’émergence de certains traits de personnalité qui ont contribué aux succès qu’il connaît aujourd’hui en tant qu’entraîneur. Deon est son mentor depuis 10 ans, tant au volleyball que dans la vie en général. Deon a été un entraîneur de haut niveau et a joué au sein de l’équipe nationale de volleyball du Canada. Brian dit que Deon a contribué à l’essor du volleyball à Terre-Neuve depuis qu’il est devenu entraîneur à la fin de sa carrière professionnelle. Deon accompagnera Brian aux Jeux d’été 2017 à titre d’entraîneur adjoint. Le père de Brian, Hayward, lui a appris à toujours repousser ses limites et à poursuivre ses rêves, quels que soient les efforts à déployer, et l’a encouragé à apprendre de ses erreurs. C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles Brian est déterminé à connaître du succès en tant qu’entraîneur et dans tout ce qu’il entreprend dans la vie.

« J’ai vraiment aimé le Programme des apprentis entraîneurs autochtones, commente Brian. Les conférences sur le leadership et les modules de formation étaient tous très pertinents. Ce programme m’a convaincu de vouloir devenir entraîneur aux Jeux autochtones de l’Amérique du Nord. Bien que ma mère soit originaire d’Arviat, au Nunavut, j’ai vécu moins longtemps dans une communauté autochtone que la plupart des autres participants au programme. Les modules m’ont fait réaliser combien j’ai été privilégié d’avoir les occasions que m’ont offertes la Newfoundland & Labrador Volleyball Association et l’ensemble de la communauté du volleyball à Terre-Neuve. »

L’exemple de Brian illustre ce que plusieurs des apprentis entraîneurs autochtones peuvent accomplir en travaillant fort pour atteindre leurs buts. Au cours des huit dernières années, ce programme est devenu une pierre d’assise du développement des entraîneurs de niveau élite.

Les athlètes comptent énormément sur leurs entraîneurs pour améliorer leurs performances lors des tournois de haut niveau et pour propulser leur carrière professionnelle. Comme l’a souligné Brian, son désir de devenir entraîneur ne repose pas seulement sur sa passion pour le sport, mais également sur celle d’aider les gens. La contribution des entraîneurs ne se mesure pas seulement aux résultats sur la feuille de pointage. Les entraîneurs sont des mentors, des conseillers, des modèles à suivre, des accompagnateurs et des motivateurs. Ce sont aussi nos plus chauds partisans. Ils s’efforcent en outre d’inculquer à chaque membre de l’équipe une attitude positive, les bienfaits du travail d’équipe, la résilience, une bonne éthique de travail et le respect et l’amour du jeu.

Quel que soit le niveau de compétition, les entraîneurs jouent un rôle central dans la carrière et le développement d’un athlète en lui permettant d’atteindre son plein potentiel. Le sport fait partie intégrante du développement humain et l’influence qu’un bon entraîneur peut exercer sur la vie d’un athlète s’étend bien au-delà du terrain de jeu.