Portrait d’un meneur : ça roule pour Eric Voss et l’Ontario

mercredi, 20th February 2019

Chris Welner
HipCheck Media

C’est grâce aux Jeux d’hiver du Canada que l’Ontarien Eric Voss s’est imposé comme basketteur en fauteuil roulant. Garçon timide atteint de spina-bifida, Voss commence à sortir de sa coquille à 15 ans, lors des Jeux de 2011 à Halifax. Il est ensuite de ceux de 2015 à Prince George  et le voilà aujourd’hui, à sa troisième participation, leader incontesté de l’équipe ontarienne de basketball en fauteuil roulant des moins de 24 ans. 

Âgé de 22 ans, le natif de St. Marys a vu le jour avec une malformation du nerf rachidien qui allait pour l’essentiel le clouer à son fauteuil. « Je n’ai rien connu d’autre, explique Voss, alors je vis ma vie sans chercher quelque chose de mieux ou de différent. Je me suis toujours débrouillé avec ce que j’ai reçu. »

Bien sûr, grandir avec un handicap visible peut être pénible pour un enfant : 
« Ça n’a pas été facile. Au secondaire, je sortais du lot, mais heureusement, le sport a changé la donne. Parfois, des gens me regardaient avec condescendance, mais en réalisant que je représentais ma province, ils percevaient soudain autrement mon handicap. Le sport sensibilise. »

Kathy Ludwig, l’entraîneure de l’Ontario, a pu admirer la progression de Voss, passé de réserviste à jeune homme confiant. 

« C’est merveilleux de voir à quel point il a mûri, sur le terrain comme au quotidien, observe-t-elle. Les Jeux du Canada donnent aux jeunes la chance d’interagir avec des athlètes des autres provinces. En s’éloignant un peu de leurs parents et en faisant partie d’une équipe, ils acquièrent l’indépendance dont ils auront besoin plus tard. C’est une expérience incomparable qui leur est offerte. »

Le basketball en fauteuil roulant est une discipline entièrement inclusive aux Jeux du Canada. Elle rassemble des hommes et des femmes aux capacités variées. Les joueurs sont classés selon une échelle de 1 à 5 points, et les entraîneurs ne peuvent aligner une formation totalisant plus de 15 points.

Voss, qui a récolté 24 points lors des deux premières joutes du tournoi, s’entraîne à temps plein avec l’équipe nationale, à Toronto, lui qui espère que sa performance aux Jeux l’aidera à s’y tailler une place à temps plein d’ici deux ans. Pour le moment, il adore être le point de mire des siens à Red Deer : 

« J’essaie de donner l’exemple. Je remercie toujours les bénévoles, parce qu’ils nous rendent de fiers services. Et sur le terrain, je m’assure que chacun connaît bien son rôle et arrive à rester calme, parce que passer d’une foule de 10 à 1 300 spectateurs ne va pas de soi. »