Sécurité et inclusion dans le sport : les Jeux du Canada ouvrent les bras à chaque participant

dimanche, 17th February 2019

By Chris Welner - HipCheck Media

« Dans cette enceinte, vous êtes accueillis, acceptés et respectés. Qui que vous soyez, d’où que vous veniez, cette maison est la vôtre. Vous êtes ici chez vous, indépendamment de votre sexe, orientation sexuelle, race, situation familiale ou matrimoniale, identité ou expression de genre, âge, couleur, incapacité, et quelles que soient vos caractéristiques sexuelles, croyances et convictions politiques ou religieuses. Tout ce que nous demandons, c’est de faire preuve d’éthique, d’excellence et d’inclusion dans tout ce que vous faites. »

Le message d’ouverture affiché sur les sites des Jeux d’hiver du Canada à Red Deer, en Alberta, est clair. Et puissant.

Inclusion et sécurité dans le sport sont au cœur de l’organisation des Jeux. Pour assurer que chaque athlète et entraîneur soit traité avec le même respect, une politique sur l’inclusion des genres et une formation sur l’entraînement responsable ont été mises en place pour ces Jeux.

« On savait qu’on avait des athlètes transgenres aux dernières éditions, explique Aaron Bruce, vice-président, sports, du Conseil des Jeux du Canada. On gérait chaque cas individuellement. On aurait pu continuer comme ça, mais on voulait envoyer un message que tous les athlètes et participants sont bienvenus et en sécurité aux Jeux du Canada. » 

Même si les règlements diffèrent d’un organisme provincial et national à l’autre, tout participant aux Jeux du Canada peut disputer les épreuves dans le genre auquel il s’identifie, sans avoir à passer de test ou d’intervention médicale. 

Médaillé d’or en natation aux Jeux olympiques de 1992 à Barcelone, Mark Tewksbury est une figure de proue de la défense de l’égalité dans le sport au Canada. 

« C’est un message extrêmement fort, qui a trouvé écho chez les athlètes, les entraîneurs, le personnel de mission et les visiteurs », croit Tewksbury. Un message similaire était affiché à la Maison du Canada pendant les Jeux olympiques de 2018 en Corée. « Ça m’aurait beaucoup touché, mais à l’époque où j’étais athlète, ce genre de déclaration aurait été impensable, parce qu’on ne parlait pas des enjeux LGBTQ+. En fait, la plupart des lettres de cet acronyme ne me disait rien parce que quand j’étais jeune, il n’y avait aucun dialogue ni de mots autour des différentes orientations sexuelles. » 

La déclaration sur l’inclusion des Jeux du Canada repose sur les travaux du Centre canadien pour l’éthique dans le sport sur un programme appelé Sport pur. « Pour profiter de tout ce que le sport a à offrir, les gens ont besoin d’un milieu qui cadre avec leurs intérêts et leurs habiletés, et où le plaisir, le franc-jeu, le respect et la sécurité sont au rendez-vous », plaide Kim Pattyson, gestionnaire de l’engagement de la communauté sportive du CCES.

Voici les sept principes Sport pur:

1. Vas-y – Découvre ton potentiel

2. Fais preuve d’esprit sportif

3. Respecte les autres 

4. Amuse-toi

5. Garde une bonne santé

6. Inclus tout le monde

7. Donne en retour

« Sport pur favorise la création d’un environnement axé sur le franc-jeu, le dépassement de soi, l’inclusion, le plaisir et qui est exempt de harcèlement et d’abus et d’autres comportements contraires à l’éthique, précise Mme Pattyson. Le sport est vulnérable à certaines menaces. Si on peut éduquer nos athlètes dès un jeune âge et créer un système sportif axé sur des valeurs, on pourra mieux protéger le sport contre ces menaces. »

Lorraine Lafrenière est la chef de la direction de l’Association canadienne des entraîneurs. L’association mène le mouvement Entraînement responsable au Canada, qui aide les fédérations sportives provinciales et nationales et les organisateurs de jeux à créer un environnement sécuritaire pour les athlètes. 

Le mouvement prône trois mesures : 

1. la vérification des antécédents des entraîneurs;

2. la « règle de deux », selon laquelle deux adultes doivent toujours être présents autour d’un athlète et qu’un tiers doit être partie à toute communication numérique entre un entraîneur et un athlète; 

3. la formation sur l’éthique pour les entraîneurs.  

« Nous savons que les jeunes athlètes sont bien protégés sur le terrain. Ce sont les activités sociales, comme les voyages et les textos, qui présentent des risques, croit Mme Lafrenière. Les Jeux du Canada sont une des premières expériences marquantes pour les jeunes athlètes. La première fois où ils seront loin de chez eux pendant une longue période, où ils seront exposés à d’autres sports et à d’autres cultures sportives. S’ils y retrouvent des pratiques sécuritaires, c’est à quoi ils s’attendront d’une compétition sécuritaire à l’avenir. »